Normalement je m’adresse à ma Zoé, mais cette fois-ci je veux m’adresser à tout ceux qui vont lire mon blogue.
Depuis le décès de ma Zoé, j’ai été contacté par beaucoup de gens qui me demandent de les aider dans leur deuil ou de les aider à mieux supporter un membre de leur famille ou une amie. Ça me fait toujours plaisir d’aider. Je sens que c’est le rôle que ma Zoé m’a donné en nous quittant. Elle m’a faite réalisé que je pouvais utiliser sa mort pour aider les autres.
Je ne prétend pas tout connaître et tout comprendre de la perte d’un enfant, mais je peux partager ce que j’ai vécu, ce que je vis et si ça aide quelqu’un et bien ma Zoé a son rôle dans cette vie.
Alors voici pour vous un exemple de courriel que j’envoie lorsqu’on me contacte. J’espère que ça pourra aider quelqu’un…
Ce que les amis et la famille doivent savoir :
Au début on se sent très vide et on a très mal. Rien ne peut nous soulager. Ce que ma meilleure amie à faite, et que j’ai beaucoup apprécié, c’est qu’elle est venue passé 1 journée avec moi 1 semaine après la naissance de Zoé. Elle même avait un bébé, mais elle l’a faite gardé pour ne pas que j’aille à voir un autre bébé. Elle est restée avec moi et elle m’a écouté. Elle n’a pas essayé de me changer les idées. Elle n’a pas essayer de me parler de sa vie. Tout ce qu’elle a faite c’est m’écouter. C’est ce qui aide le plus au début.
Les gens pensent souvent qu’on a besoin de se faire changer les idées ou de parler de autre chose, mais ce qui fait vraiment le plus grand bien au début c’est de nous laisser parler et écouter. Les phrases du genre : “Ça va passer… ou je te comprends…” Ça ne donne rien parce que oui ça va être moins pénible, mais la peine ne passe pas. Et de toute façon au début on est pas capable de s’imaginer que ça va passer. Ça nous fâche plus que tout quand les gens nous disent cela parce qu’on se dit qu’ils ne nous comprennent pas. Et c’est vrai. Ils ne nous comprennent pas. Personne peut comprendre sans l’avoir vécu. Donc ce faire dire : “Je te comprends” c’est presque une insulte. J’aimais mieux me faire dire : “J’arrive même pas à imaginer la douleur et la peine que tu ressens.” Au moins ça c’était sincère.
Ce qui est important de savoir, c’est que les premiers mois sont les plus difficiles à vivre. Il faut non seulement faire le deuil de cet enfant tant désiré, mais faire le deuil de notre rôle de mère et des rêves qui entouraient cet enfant. C’est ce 2e deuil qui est le plus difficile à faire. Le vide intense que cela laisse en nous. Lorsqu’on attend son premier enfant il y a tellement de rêves qui entourent sa venu. On s’imagine lui mettre des petites robes, les promenades, l’endormir contre nous… Lorsqu’on se ramasse seule à la maison, les bras vides, on se sent pratiquement coupable de pouvoir encore dormir la nuit.
Chaque pièce dans la maison nous rappelle un rêve non réalisé. Même si l’enfant n’a jamais été avec nous dans notre maison. On l’avait déjà imaginé partout et ça rend le tout encore plus difficile.
C’est également très difficile pour la vie de couple. Rare sont les couples qui vivent leur deuil de la même façon. Souvent la femme a besoin d’en parler, tandis que l’homme préfère bloquer la douleur en évitant le sujet. Ce n’est pas facile, car on aurait besoin de ce faire serrer et consoler. De parler de notre fille constamment, car parler d’elle c’est tout ce qu’il nous reste. C’est la seule façon de la garder vivante en nous… On ne veut pas oublier aucun moment de sa courte existence.
Chaque moment magique de la grossesse. Les coups, les mouvements… la vie.
Ça prend beaucoup de patience, de respect et de compréhension des sentiments de l’autre. On voudrait être égoïste et se concentrer sur notre douleur, mais il ne faut pas oublier que l’autre personne vit aussi cette douleur, mais à sa façon et il faut respecter cela. C’est dans ce temps là que la famille et les amis sont important. Une personne qui est prête à nous écouter, regarder les photos avec nous, partager ce qu’on vit… Simplement écouter et se rappeler. Ne pas essayer de dire à la personne que ça va passer ou d’arrêter de se tourmenter. Il faut laisser aller le court des choses. Laissez le temps à la personne de parler, même si ça peut vous rendre mal à l’aise. Il faut laisser la chance à la maman de vous dire ce qu’elle a besoin de vous et être disponible pour elle. Ce n’est pas une tâche facile parfois.
Beaucoup de nos amis et membres de nos famille ce sont distancés de nous malheureusement depuis la mort de Zoé. Le malaise était trop grand pour eux. C’est triste, car nous revivons une 2e grossesse en ce moment et ces gens ne sont plus là avec nous. C’est un autre sorte de deuil à vivre…
Souvent aussi la maman va vouloir retomber enceinte très vite. Plusieurs personnes vont avoir tendance à leur dire de faire leur deuil avant… Le deuil d’un enfant ça ne se fait pas. Un enfant ça ne se remplace pas non plus et bien que souvent l’entourage pense que la mère veut retomber enceinte simplement pour remplacer le bébé disparu, ce n’est pas le cas.
Au contraire je pense que la maman est encore plus consciente que n’importe qui que le nouveau bébé ne sera jamais celui qu’elle a perdu. Il faut simplement garder à l’esprit qu’elle voulait être une maman. Elle était prête à être une maman. Ce sentiment ne disparait pas parce qu’on perd un bébé. Il grandit peut-être même encore plus. Surtout lorsqu’on perd un bébé à la fin de sa grossesse. Nous sommes mûres et prête. Notre esprit n’est plus celui qu’il était avant. Nous sommes déjà une maman, mais avec les bras vides…
Le 15 novembre 2007, notre petite Zoé aurait eu 10 mois. C’est parfois difficile de réaliser que je suis enceinte de 33.4 semaines d’une petite princesse quand je devrais plutôt être en train de regarder ma Zoé commencer à marcher, parler, rire… Toutefois, quand je repense à il y a 10 mois, la douleur était tellement vive, intense. Jamais je n’aurais pu penser que j’aurais pu me sentir en paix un jour. Que j’aurais pu être heureuse à nouveau. Que j’aurais encore la vie en moi. Je voyais seulement le noir. La lumière ne semblait plus atteignable. Pourtant j’y suis arrivée. Ce sont des marches que nous montons graduellement. Parfois elles sont plus difficiles que d’autre à monter, mais chaque étape apporte de l’espoir.
Ma Zoé sera toujours dans mon coeur. Je ne l’oublierai jamais. Je parle d’ailleurs d’elle à tous les jours. La douleur est là, mais moins forte. J’ai compris qu’elle sera toujours avec moi. Dans un rêve, dans un souvenir, sous la forme d’un papillon qui passe à côté de nous… Elle est désormais notre ange gardien.
Depuis son décès, Zoé nous a amené tellement de belles choses. Elle rend notre vie tellement plus belle malgré tout. Mon conjoint et moi sommes plus proche que jamais. Mes liens avec certain membre de ma famille sont encore plus fort. Ma meilleure amie est devenue une soeur. Je vois d’avantage les belles choses qui m’entourent. Je réalise toutes les belles choses qu’elle m’a faite vivre durant ma grossesse. La chance que j’ai eu de l’avoir en moi. Elle a ouvert mon coeur… Grâce à elle j’ai la chance de réaliser à quel point cette deuxième grossesse est magique et comment je dois en profiter à chaque instant. Elle m’a changé profondément et elle a fait de moi une meilleure personne.
Zoé c’est un ange qui est venue nous dire bonjour et qui est repartie trop vite, mais elle nous a laissé un beau cadeau d’espoir avec sa venu. Ça nous a pris du temps pour le voir, mais maintenant c’est clair. Son voyage n’a pas été en vain et je suis certaine que le bébé de vos amis ou membre de votre famille sont venus pour une raison. Avec le temps cette raison sera plus clair à vos yeux.
Je vous souhaite énormément de courage.
Je vous invite également à prendre connaissance du reste de mon journal que j’avais écrite pour mon ange Zoé. Il m’a aidé beaucoup dans mon cheminement et je pense que ça pourra vous aidez à mieux comprendre le chemin que cette personne proche de vous devra parcourir.
Le journal commence en date du 16 janvier. Le lendemain de la naissance de Zoé.
Amicalement,
Stephanie
Maman de l’ange Zoé et de la belle princesse espoir Mia qui arrivera le 2 janvier 2008